Efix Roy

Âge: 35 ans

Occupation: propriétaire de Empire Body Arts

Les débuts en escalade

Comment t’as commencé l’escalade? J’ai toujours eu très peur des hauteurs, toujours eu le vertige. Mon père est un montagnard, ma sœur faisait beaucoup d’escalade, et les deux ont souvent tenté de me convaincre de faire de l’escalade, mais je n’ai jamais voulu. Un jour, on m’a inscrit sans me le dire, en cadeau, à un cours d’initiation à l’escalade et mon orgueil a embarqué puis je me suis dit que je n’avais plus le choix : il fallait que je le fasse plutôt que de dire que j’avais peur des hauteurs. J’avais environ 28 ans. Je l’ai finalement essayé et j’ai eu la chienne de ma vie, mais j’ai trouvé que c’était tellement gratifiant et le fun. Je n’ai jamais vraiment fait de sport dans ma vie, mais l’escalade m’a tout de suite allumé. Dès que j’en ai fait, je savais que j’allais continuer et ne jamais arrêter. J’ai eu la piqûre. J’ai fait quelques sessions de grimpe dans un autre gym d’escalade, puis j’ai entendu parler de Délire alors je suis venu ici. Au début, je faisais de la corde, mais surtout en moulinette, parce que j’avais un peu peur de prendre une chute. Donc, ça été un peu plus long à débloquer, mais j’ai des bons amis avec qui je grimpais qui m’ont poussé, m’ont emmené dehors. J’ai commencé à faire du sport, et éventuellement j’ai fait du bloc dehors et tout le reste s’est enchainé. J’ai vraiment découvert ce qui me branchait avec l’escalade à partir de ce moment : faire du bloc dehors. Ça a changé beaucoup mes habitudes de vie. Grâce à ça, j’ai eu la motivation de mieux manger, de prendre soin de moi, de mieux dormir parce qu’avant, j’étais insomniaque. Bouger plus a réglé ce problème et tout le reste s’est emboité.

As-tu des mentors? Gabriel Michaud qui était au Délire Beauport dans les débuts. C’est lui qui m’a montré l’escalade extérieure les premières fois, il m’a fait découvrir l’escalade de bloc, m’a emmené grimper à Stonebleau, entre autres, et m’a fait découvrir tous les secteurs locaux. Je lui dois beaucoup pour l’intérêt qu’il a généré en moi. Ma sœur aussi, qui est une excellente grimpeuse. Elle m’a appris principalement la sécurité de la grimpe extérieure, à faire du multi-pitch et tout ce que ça implique. C’est vraiment une personne inspirante.

Quelles sont tes motivations, qu’est-ce qui te pousse à continuer à grimper? Juste parce que j’aime ça. J’aime être dehors, j’aime être dans la nature, j’aime beaucoup la communauté. Je pense que c’est un des facteurs les plus importants. Je compare souvent ça à n’importe quel autre sport, où tout le monde se regarde et se compare. L’ambiance ici est différente : tout le monde s’encourage et se parle. C’est un sport que tu fais seul, mais dans lequel tu as quand même besoin des autres. Je trouve que c’est un parfait équilibre. Il y a aussi le fait que je continue à m’améliorer, ça me garde motivé. J’imagine que tant que je ne commence pas à régresser, je vais toujours avoir envie de continuer et de performer plus. Aussi, je voyage beaucoup pour faire de l’escalade et c’est super motivant. Je grimpe surtout à l’extérieur et ça me permet de découvrir de nouveaux endroits, de grimper de nouveaux types de roche, d’essayer de nouveaux mouvements, des nouveaux types de prise. Chaque voyage que je fais, chaque nouvel endroit que je découvre, m’apprend à grimper d’une nouvelle façon. Ça garde le sport actuel, ça empêche de stagner et ça se renouvelle constamment.

Quel est ton plus grand accomplissement en escalade? J’ai quelques moments plus marquants que d’autres. Ma première V9, particulièrement, parce que je me suis pris un plomb à plus de 15 pieds de haut, à côté des pads. Ça m’a pris quelques minutes pour me ressaisir, mais je suis retourné dedans et je l’ai sendée. Ma première V9, 20 pieds de haut. Elle s’appelle I think I can en plus, je trouvais le nom parfaitement approprié. Les grimpes qui m’ont rendu le plus fier, ce sont certains highballs que j’ai faits, Hershey’s Symphonie entre autres qui est de 35 pieds de haut. En la grimpant, j’ai pris le temps de regarder vers le bas, de regarder le paysage. J’ai pu apprécier la grimpe plutôt que d’être concentré sur ma peur de tomber. Même si ce bloc est coté V1, c’était 35 pieds de V1. Après 8-9 pieds, c’est un no fall zone. Cette grimpe-là fait partie du top 100 des meilleurs blocs aux États-Unis. J’ai fait une tournée de ces blocs très hauts, ça m’a donné une bonne motivation à faire des trucs qui me font vraiment peur, parce que je me disais que s’ils faisaient partie de la liste, c’est qu’ils en valaient vraiment la peine. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas été déçu.

Quelles sont tes aspirations et tes buts? Je veux grimper V10 cette année, haha! J’en ai quelques-uns en liste. J’ai commencé à travailler Hologramme au Mont Carmel, ça fait partie de mes gros objectifs pour l’été. Ça, j’aimerais vraiment ça. D’autant plus que je pense que c’est un des plus beaux blocs qu’on a au Québec, mais aussi un des plus difficiles. Un autre objectif est de continuer à développer le bloc extérieur, avec Olivier Turgeon entre autres. On a développé déjà quelques blocs de qualité au Mont Bélair.

Quelle est ta plus grande faiblesse? Ma faiblesse, je pense que c’est le côté psychologique. J’ai beaucoup de difficulté à arrêter de penser aux conséquences quand je grimpe. Je donne tout le temps comme exemple quand j’essayais fort dans le mur bleu à Beauport, dans le temps où je faisais de la corde, j’arrivais au Crux et là je regardais si mon nœud était fait, si mon harnais était correct, si mon assureur était attentif en bas… Le temps que je fasse tout ça, j’étais pompé et je ne tentais pas le mouvement, je prenais un à sec. Ce manque d’abandon et de confiance, ça m’empêche beaucoup de performer à mon maximum.

As-tu une routine quand tu vas grimper? Je suis le pire exemple parce que je ne me réchauffe pas souvent… Je ne pars pas dans des blocs avec des petits crimps et tout, j’y vais quand même plus progressif, mais je n’ai pas de routine d’échauffement particulière.

As-tu d’autres passions en dehors de l’escalade? Quelques-unes. En dehors de l’escalade, j’aime beaucoup aller dans les hautes montagnes, faire du trek d’aventure. Une autre passion importante est l’art corporel. J’ai plusieurs entreprises dans ce domaine. Ça fait 17 ans que je fais ça, ça occupe beaucoup de mon temps, mais être propriétaire d’entreprises me permet d’avoir plus de temps pour planifier des voyages de grimpe.

La communauté Délire

Quelle est ta définition de la communauté Délire? C’est la plus belle communauté sportive que je connaisse. Ce sont des gens vraiment le fun, qui sont coopératifs, enthousiastes. C’est une communauté curieuse, qui veut pousser plus loin, et ça, j’aime vraiment ça. Il y a plusieurs grimpeurs qui viennent me voir pour planifier des voyages d’escalade et c’est vraiment apprécié. Mon but en tant qu’ambassadeur quand on m’a approché, c’était justement d’emmener le monde jouer dehors et c’est ce qui me fait le plus plaisir à voir, les gens qui font la transition vers l’extérieur, qui explorent et diversifient leurs intérêts.

Qu’est-ce que tu préfères chez Délire? L’ambiance y est pour beaucoup, mais l’ergonomie et la construction des lieux font la différence. J’aime beaucoup l’attention aux détails; les bars à panini, les activités, il y a beaucoup de détails comme ça qui font en sorte que c’est un excellent gym. J’ai beaucoup voyagé à travers le monde pour grimper, et très peu de gyms accotent le Délire. Le routesetting est un des facteurs les plus importants aussi, on a des routesetters de qualité et d’expérience.

Où vois-tu Délire dans 10 ans? Ailleurs qu’à Québec. Le brand se fait reconnaitre de plus en plus et quand je vais grimper ailleurs, les gens reconnaissent le logo du Délire et viennent m’en parler. Le gym est plus connu que beaucoup de gyms qui ont plus de présence au niveau national. Quand un brand est reconnu partout, c’est plus facile d’arriver quelque part pour t’installer et de faire un gros boum.

Est-ce qu’il y a un employé/personne qui a marqué ta vie au gym? J’ai parlé plus tôt de Gabriel Michaud. Il a joué un bon rôle dans mon apprentissage, c’est vraiment un bon mentor. Miguel Puerto (directeur de Beauport) aussi, il m’a appris énormément. Quand j’ai commencé à grimper, quand je faisais de la corde, je savais que si le nom de Miguel était inscrit sur la voie, j’allais apprendre quelque chose en la grimpant. C’est son expérience qui se traduisait là-dedans. J’ai beaucoup amélioré mon côté technique en voie grâce à son traçage.

Questions en rafale

Ton plus gros vice ? Je me frustre trop facilement,

Qu’est-ce que tu manges le matin ? Des œufs et du bacon.

Ton film préféré ? Je ne le sais vraiment pas… Mon film d’escalade préféré par contre, c’est Progression.

Qu’est-ce que tu écoutes dans ton char ces temps-ci ? Piebald, un vieux band de punk rock qui te remet de bonne humeur quand il fait un temps de chien dehors.

Quelle est la dernière photo que tu as prise avec ton cell ? Une photo du gym! hahaha

Si ta vie était un film, quel en serait le titre? « Essais et erreurs! »

Ta prochaine destination voyage? Squamish. On y va au printemps, après quelques petits voyages. On veut faire une tournée canadienne de blocs en van.

Ton repas préféré? Grits and shrimps.

Est-ce que tu collectionnes un objet? Des souliers d’escalade pétés. Hahaha. Je collectionne des bijoux et parures corporels antiques, des pièces archéologiques qui racontent l’histoire de l’art corporel, du perçage et du tatouage.

@efixroy    #ambassadeurdelire

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