Haut Perché - Un portrait de Jeff Beaulieu

Haut Perché – Un portrait de Jeff Beaulieu

Portraits

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Le chemin parcouru au cours des 20 dernières années est inattendu, trépidant. Mur à mur, Jeff Beaulieu écrit son histoire en même temps qu’il continue d’écrire celle de DÉLIRE, et même un peu celle de la communauté québécoise d’escalade. Découvrez Jeff dans le film “Haut Perché”, un hommage à cet humain tout aussi unique qu’inspirant.

🎥 Haut Perché – Un portrait de Jeff Beaulieu

Quelque part dans un appartement de Sainte-Foy, un jeune passionné de grimpe fabrique des prises d’escalade dans sa cuisine empreinte d’effluves chimiques. Quelque part en Amérique du Nord, un entrepreneur conçoit son énième projet de centre d’escalade. Entre ces deux événements, la ligne du temps se déploie et révèle un père de famille, un coureur longue distance, un inventeur étonnant, un explorateur acharné, un homme au sac-à-dos plein d’histoires, un homme souvent haut perché, qui répond au nom de Jean-François Beaulieu.

 

La table est ainsi mise pour tenter de cerner le cofondateur des entreprises DÉLIRE. C’est qu’il faut se lever tôt pour suivre Jeff. Dès son enfance en Gaspésie, il s’évade en forêt dans ce qu’il appelle “des cachettes secrètes impossibles à trouver”. À l’abri des regards, il pose le sien sur la nature qui l’entoure et la laisse lui apprendre ce qu’elle a de mieux. À 11 ans, il passe sa première nuit dans l’arrière-pays et les années suivantes prendront la marque de mille et une aventures dans les Chic-Chocs.

Plus il avale de sommets, plus sa passion des hauteurs grandit. Il faut aller là où personne n’est allé, faire ce que personne n’a fait. Ou si peu de personnes. Pour cela, il se tourne vers des techniques d’escalade de rocher. Un choix en apparence banal qui le mène à la découverte des falaises les plus impressionnantes; de Baffin jusqu’au Pérou, en passant par Yosemite. 

 

 

Quand on regarde Jeff aller, on se demande d’abord comment il fait. Comment il trouve son énergie, comment il reste déterminé, comment il planifie ses projets. On pourrait dire qu’il a un bon instinct…ou qu’il est bien entouré. Ou juste que les astres sont alignés. Mais il y a plus que cela. Jeff arrive à surmonter l’insurmontable. Tant au travail que sur une falaise. Même quand tout va mal. 

Comme cette fois où il a réalisé un first ascent sur La Esfinge, Le Sphynx, une impressionnante formation rocheuse de plus de 5000 mètres, perdue dans la Cordillère Blanche au Pérou. Pour Vincent Légaré, son partenaire d’affaires et ami de longue date, c’est cette capacité à tout affronter qui rend Jeff si unique. « La face sud du Sphinx n’était pas grimpée. C’est pas pour rien..! Je lui ai dit: “On s’en va en haut de ça? – Ouai ouai, par tous les moyens, on va y arriver”. »

« Sa confiance de pouvoir nous amener, comme équipe, en haut de cette falaise était impressionnante. Et elle l’est encore. Chaque fois qu’on fait un projet, il n’y a rien d’insurmontable. »

L’un des grands projets d’escalade qui demeure un rêve pour Jeff est celui de Salathé Wall. Il se rappelle sa première visite à Yosemite. Lorsqu’il entre dans la boutique d’escalade, il fige devant une photo de Royal Robins, perché dans Freeblast sur Salathé Wall.  « C’était marqué dans le bas de la photo La plus belle voie du monde. Je me suis dit; cette voie-là je vais la faire. Ça a un peu motivé comme toutes les orientations que j’ai prises.» En 2019, il se rapproche de ce rêve en libérant Freerider (35 pitchs, 5.13a), qui ne comporte que quelques variantes de Salathé, aux côtés de son fidèle partenaire d’aventures Daniel Morin.

Automne 2021, Lac Long Assis autour du feu, Jeff tourne les pages de l’un des petits cahiers lignés dans lequel il consigne ses aventures d’escalades. À l’intérieur, des anecdotes, des essais sur de nombreux projets, quelques lignes sur la météo, sur les innombrables aléas imposés par l’escalade. «25, 26 juin. Pas trop de mouche. La croisée des chemins. Fellation.» Quelques unes des voies qu’il a ouvertes au Lac Long au début des années 2000, souvent aux côtés de ses partenaires, de vie et d’affaires,  Lisa Lajoie et Vincent Légaré.

Nombreux sont les topos où l’on tombe sur le nom de Jeff, que ce soit aux côtés des lettres FA ou encore en temps qu’ouvreur. Il en a passé des journées assis dans son harnais à brosser de la roche au milieu des maringouins. Il fut même un temps où il aurait bien aimé vivre de son talent de grimpeur. Au début des années 2000, il enchaîne d’ailleurs plusieurs ascensions en libre comme La Zébrée (14a) ou Les Grands Galets (FA, 12d, avec Jean-Pierre Ouellet).

 

 

Les grandes ascensions glissent au second plan quand Jeff tente de lancer son entreprise dans le domaine de l’escalade. Après le ressemelage, la fabrication de prises et la coop de bloc, DÉLIRE prend finalement une forme qui ressemble à ce qu’on connaît aujourd’hui: fabriquer des salles d’escalade et les animer. Tous ces projets, il les mène aux côtés de Lisa: l’escalade, l’entreprise et même la famille. La cofondatrice de DÉLIRE souligne à quel point les 10 premières années ont été difficiles.

« On est vraiment partis de rien. On était trois no name avec un char pis un ordinateur…c’était ça qu’on pouvait mettre sur notre bilan personnel. »

L’usine fonctionnait à petite échelle, le gym ne roulait pas. Jusqu’en 2015. Sainte-Foy et l’escalade de bloc commencent alors à connaître le succès qu’on leur connaît aujourd’hui. Avec ses quatre centres d’escalade et plus de 150 projets réalisés par DÉLIRE Climbing Walls partout en Amérique du Nord, les deux branches DÉLIRE continuent d’évoluer pour le mieux.

« Est-ce que mes objectifs ont de la valeur dans ma communauté? Est-ce que ce sont des objectifs insignifiants? Parce qu’on peut mettre plein de roches dans notre sac à dos mais ça n’apporte rien. »

Chaque étape franchie par Jeff s’impose comme un morceau de la prochaine. Brosser des paroies au fin fond du bois, revoir les manières de penser la construction de salle d’escalade, participer à un ultra-trail. Pour Jeff, chacun de ces projets doit s’inscrire dans une démarche plus grande que ce qu’elle paraît à sa face même. 

Quelque part dans une manufacture de Québec, Jeff dessine les plans du prochain projet signé DCW. Quelque part sur une falaise vertigineuse, Jeff enchaîne les longueurs sans jamais perdre son calme légendaire. Au moment de publier, Jeff revenait justement d’un autre séjour à Yosemite avec Dan. La rumeur dit qu’il est resté paisible même quand sa corde est restée prise dans Middle Cathedral. Mais ce voyage, c’est une autre histoire.

🎥 Haut Perché – Un portrait de Jeff Beaulieu

Réalisé par Rachel Trudeau
Produit par DÉLIRE

 

 

Autres portraits

Lisa – cofondatrice de DÉLIRE

Vincent – cofondateur de DÉLIRE

DÉLIRE escalade est un regroupement de trois centres d’escalade et une manufacture spécialisée dans la production de murs d’escalade.

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